Le NPA chante les lendemains de lutte (Marianne 2, 23 avril 2012)

Anne Dastakian

Pour Philippe Poutou, la campagne présidentielle s’est arrêtée hier soir. Crédité de 1,2% des voix, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste s’est réjoui, lors d’un discours à son QG, du « rejet de Sarkozy dès le premier tour ».

(Philippe Poutou et Olivier Besancenot - LANCELOT FREDERIC/SIPA)

Partage des richesses, sinon ça va péter ! » Quelques dizaines de militants trotskystes, réunis au QG du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), rue Taine, dans le XIIe arrondissement, scandent ce slogan, dès l’annonce du résultat de Philippe Poutou : 1,2%, supérieur à la fourchette de 0,5% à 1% que prévoyaient les sondages. Le score de Marine Le Pen est bruyamment hué, puis la déclaration de Jean-Luc Mélenchon émaillée de railleries, en attendant le discours de l’ouvrier candidat du NPA. Sourire aux lèvres et son texte à la main, Philippe Poutou arrive enfin et se réjouit du « rejet de Sarkozy dès le premier tour ». Il se désole du score du Front national et dénonce « l’austérité de gauche » à venir. Avant de conclure « le NPA est bien là ! » Acclamé par ses partisans, qui entament l’Internationale, Poutou disparaît vite derrière les caméras de télévision, tandis qu’Alain Krivine, le leader historique, analyse en petit cercle la situation. Nulle trace d’Olivier Besancenot – « C’est normal, nous ne jouons pas le jeu de la médiatisation », commente un vétéran de la LCR, qui estime que « le NPA s’en tire de façon honorable ». Un autre explique en partie le score recueilli par l’abstentionisme de l’électorat naturel du NPA.

On est loin des 4,35% de Besancenot en 2002, mais nul ne semble s’en désoler. « Nous serons visibles sur le terrain », promet une militante. « Il faut virer Sarkozy, puis lutter contre les idées du FN et l’austérité de gauche, organiser la lutte », énumère Stan, 24 ans, syndicaliste étudiant. Aucun commentaire sur le récent ralliement au Front de gauche d’une partie de la direction du NPA, ni sur l’échec apparent de l’ouverture du Nouveau parti anticapitaliste au monde associatif. « Face à ce qui nous attend, on ne peut que s’unir et grossir » veut croire une toute jeune militante…