Christine Poupin : « Le NPA veut faire une vraie campagne politique » (Libération du 24 novembre 2011)

Libération, jeudi 24 novembre 2011


POLITIQUES

« Le NPA veut faire une vraie campagne politique »
Interview Christine Poupin, porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste, réagit à l’absence de notoriété de Philippe Poutou, son candidat à la présidentielle.

Par LILIAN ALEMAGNA

Philippe Poutou, dans un meeting, le 12 octobre 2011 à Bordeaux. (AFP / Pierre Andrieu)

Avant le premier meeting en Ile-de-France de Philippe Poutou, candidat à la présidentielle du NPA, ce soir à Saint-Denis, Christine Poupin, une des porte-parole du parti d’extrême gauche, répond sur les difficultés que traverse sa formation qui doit se passer d’Olivier Besancenot pour cette présidentielle.

Les sondages mettent votre candidat Philippe Poutou à 0%... Comment expliquez-vous le fait d’être tombé si bas alors qu’avec Besancenot, vous étiez monté jusqu’à 9% ?

Ces sondages sont des intentions de votes sur un nom. Or notre candidat n’est pas encore connu ! C’est normal qu’il fasse un tel score pour l’instant. Lors de sa première campagne en 2002, Olivier Besancenot avait aussi commencé très bas pour finir à plus de 4% avec une progression dans les dernières semaines.

Vous espérez refaire avec Poutou le coup de Besancenot ?

Le succès d’Olivier nous avait tous surpris. Mais ce qu’on veut dans cette affaire, c’est faire une vraie campagne politique, faire entendre ce qu’on a à dire. C’est pour cela qu’on a tenu à avoir un candidat et participer à cette élection présidentielle. C’est un moment où ce qu’on peut porter a de l’écho. Mais en même temps, c’est un exercice très difficile et contradictoire pour nous qui n’avons pas une culture de leader... On va faire connaître le nom de Philippe. Il engage une tournée de meetings.

Où en êtes-vous dans la collecte de vos 500 signatures ?

On doit en être à 250 environ.

Vous êtes optimiste pour atteindre les 500 compte tenu de l’absence de notoriété de votre candidat ?

On y arrivera. C’est un travail de fourmi. Plus on voit de maires, plus on aura de signatures. Et il n’y a pas moins de camarades qui vont chercher les signatures que lors des présidentielles précédentes. Mieux : on a une couverture du territoire meilleure qu’à l’époque de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).


Quelle est la place d’Olivier Besancenot dans cette campagne ? Ne vous a-t-il pas laissé en plan en ne voulant pas être candidat ?

Non... Il ne nous laisse pas en plan. Il est là. Un peu plus que les autres même. Il participe aux meetings - comme ce soir à Saint-Denis - et il représente le parti à l’extérieur, comme lorsqu’il se rend à New York pour rencontrer les Indignés américains. D’autres lui font même le reproche inverse et disent qu’il est trop présent et fait de l’ombre à Philippe !

Mais est-ce que les difficultés rencontrées par votre candidat peuvent amener le NPA à rappeler Besancenot pour se présenter en 2012 ?

(Rires) Non... La moindre des choses est de respecter la décision d’Olivier de ne pas être candidat et le choix des militants qui ont désigné Philippe. Et puis même avec Besancenot, ça ne simplifierait pas notre affaire du point de vue des signatures.