Marie George Buffet dans Libération : « Il faudra travailler avec le PS dans les régions » (10 octobre 2009)


(Photothèque Rouge)

Pour éclaircir les débats en cours en vue des prochaines élections régionales, nous vous proposons le point de vue du PCF, exprimé par sa secrétaire nationale dans une interview à Libération le 10 octobre dernier.

Questions à marie-george buffet secrétaire nationale du Parti communiste.

Les « ateliers » du Parti communiste, pour un « projet de la gauche » débutent samedi à Marseille et à Grenoble. A cinq mois des régionales, Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF explique la position de son parti.

A quoi servent ces ateliers ?

Il s’agit de se mettre d’accord sur des propositions concrètes : sur la fiscalité, un pôle financier public, la démocratie… Nous devons en sortir avec des éléments d’une politique vraiment à gauche qui puisse se décliner dans les régions. On verra ensuite qui est d’accord.

Le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, votre partenaire, refuse d’y participer…

Nous continuons de travailler. J’espère que le PG et la Gauche unitaire seront là et que nous organiserons ces ateliers. Nous avons besoin d’une gauche à vocation majoritaire portant une politique capable de répondre aux exigences populaires. Et si on commence en disant « ceux-là, on ne leur parle pas », on n’y arrivera pas. Après, je ne suis pas naïve. Le PS est sur une dérive sociale-libérale et je trouve un peu triste ce bal des mains tendues avec le Modem.

Quid du « rassemblement » allant jusqu’au Modem ?

Aller chercher des compromis avec une partie de la droite, c’est la voie de la défaite de la gauche ! C’est en rassemblant à gauche que l’on réussira à soulever une dynamique. Pour gagner face à la droite il faut mobiliser l’électorat populaire. Sinon on ne passera jamais les 50 % et on sera battu aux régionales puis en 2012 ! Nous avons besoin d’amplifier la dynamique du Front de gauche.

Où arrêtez-vous le périmètre du Front de gauche ?

Il sera dicté par le travail issu de ces ateliers. Tout comme l’offre nationale du PCF qui sera proposée le 24 octobre. Prenez l’exemple de la mobilisation autour de la Poste : on s’est tous rassemblés sur un objet précis et ça a créé une dynamique populaire. Pourquoi ne serait-on pas capable de faire la même chose dans ces ateliers ?

Reste que Jean-Luc Mélenchon ne veut pas s’allier avec le PS au premier tour…

Je vous répète que je suis pour la poursuite et l’élargissement du Front de gauche. Après - et je suis certaine que Jean-Luc Mélenchon est d’accord -, il s’agira, au deuxième tour de fonder des majorités politiques de gauche dans ces régions. Et il faudra bien travailler avec le PS dans les exécutifs.

Sauf que le NPA refuse toujours l’alliance avec le PS…

Je ne peux pas régler les problèmes du NPA. Tout ce que le PCF et le Front de gauche peuvent faire, c’est une offre ouverte, honnête et transparente pour que tous ceux et celles du NPA qui ont envie d’unité et de choix novateurs puissent en être. Et je dis la même chose aux électeurs et militants socialistes.

Avec la crise, assiste-t-on à un retour de Karl Marx ?

La question du dépassement du capitalisme n’a pas pris une ride. Nicolas Sarkozy mène, de façon assumée, une politique de défense de la classe dirigeante.