L’un des successeurs potentiels de Marie George Buffet en meeting à la fête des Allobroges (Le Monde du 07 octobre 2008)

Alors que la question de la succession de Marie-George Buffet à la tête du PCF est posée, comme l’explique l’article du Monde que nous reproduisons ci dessous, l’un de ses remplaçants potentiels sera l’invité de la fête départementale du PCF 73 ce week-end. Les militants de la LCR et des comités savoyards pour un nouveau parti anticapitaliste suivront donc avec interêt son meeting dimanche à 15h, même si nous ne savons pas pour le moment si l’intervention d’Olivier... Dartigolles sera suivi d’un débat avec le public comme c’est le cas pour les meetings d’Olivier... Besancenot ! Rendez vous donc dimanche pour le savoir.

Article de Sylvia Zappi dans Le Monde du 07 octobre 2008

Guerre de clans pour la succession de Marie-George Buffet au PCF

La guerre de position interne pour la succession de Marie-George Buffet est lancée. A deux mois et demi du congrès du Parti communiste, la question est sur toutes les lèvres. La secrétaire nationale semble avoir pris la décision de se retirer et, dans les couloirs de la place du Colonel-Fabien, siège du PCF à Paris, rumeurs, tractations et marchandages se multiplient.

C’est d’abord le "clan Laurent" qui est entré en action. Le nom de Pierre Laurent, directeur de la rédaction de L’Humanité, fils de Pierre, ancien secrétaire du comité central et député, circule avec insistance dans les fédérations comme dans les couloirs du quotidien du PCF. L’intéressé nie pour l’instant toute ambition : "Je ne m’occupe que de deux choses, de L’Huma et du congrès. Cela suffit à mon bonheur", lance-t-il. Pourtant, son frère Michel, responsable de la vie du parti, est à pied d’oeuvre depuis quelques semaines. Début juillet, il avait commencé son offensive en faisant comprendre à Mme Buffet qu’il était temps qu’elle parte, son score de 1,9 % à la présidentielle handicapant le parti. Puis il fait le tour des fédérations. "A la Fête de L’Huma, il a sillonné les stands, monnayant la reconduction de certains responsables contre un soutien affiché à son frère", décrit une dirigeante. Des cadres du conseil se sont vu expliquer que leur "loyauté" serait jugée en fonction de leur vote sur le texte d’orientation au congrès... rédigé par Pierre Laurent.

"Marie-George" n’a pas apprécié d’être ainsi poussée dehors et a riposté début septembre lors d’un exécutif, en soulignant que plusieurs candidatures étaient "légitimes" pour sa succession, citant le porte-parole Olivier Dartigolles. Plus tard, elle faisait monter les deux prétendants à ses côtés lors du meeting de clôture de la Fête de L’Humanité. Comme pour mieux faire comprendre que les jeux n’étaient pas faits.

La compétition est désormais ouverte entre les deux hommes et chacun joue sa partition. Pierre Laurent, 51 ans, jouit d’une image plutôt consensuelle auprès des cadres communistes - "il est très plastique", glisse un dirigeant - mais demeure peu connu des militants. "Il n’a jamais eu de poste d’élu ni dirigé une fédération", grince Jean Miaille, collaborateur d’André Gerin, député du Rhône. Le soutien actif de son frère, l’homme d’appareil, lui assure des appuis mais pourrait aussi le desservir. Ce dernier en a agacé plus d’un quand, au lendemain des municipales, il a claironné que le PCF était "la troisième force politique" avec ses quelque 13 000 élus. Dans une note, André Chassaigne, président de l’Association nationale des élus communistes et républicains, a tenu à rétablir la "vérité" : "Il faut arrêter de raconter n’importe quoi. On en a un tiers de moins."

M. Dartigolles, 37 ans, mise sur l’envie de renouvellement. Et faire jouer à son parti le pari d’une rupture de génération comme la LCR a su le faire avec Besancenot. Il assure vouloir "sortir son parti de la conservation". Le jeune Béarnais s’est mis à dos les plus identitaires lorsqu’il a plaidé pour l’engagement du PCF vers une nouvelle force politique, avant de se rétracter. "Il est trop fébrile", analyse un ancien "huiste". Un troisième nom a commencé à circuler, sous l’impulsion de syndicalistes CGT : Jean-Marc Coppola, secrétaire fédéral des Bouches-du-Rhône. Un cadre rassurant, car dans la ligne mais qui prétend vouloir "changer l’image du parti". Il a un handicap : son bilan aux municipales, où le parti a lâché son unique mairie d’arrondissement. Tout dépend encore de l’attitude de Mme Buffet, qui officialisera sa décision lors d’un conseil national le 24 octobre. "Dans l’histoire du PCF, on a rarement celui qu’on attend", souligne un membre de l’exécutif.