Expulsion mortelle à Chambéry : la municipalité droit dans ses bottes

Mercredi 3 juillet, Lakhdar Bey, un homme de 52 ans est mort d’une crise cardiaque des suites d’une interpellation musclée réalisée par la police devant ses enfants. Son crime ? Avoir refusé de laisser sa femme et ses quatre enfants, dont un nouveau-né, être expulsé du logement social qu’il occupait. Malgré son malaise cardiaque, l’homme a été trainé inconscient mais menotté par la police dans l’escalier, avant d’être jeté dans une voiture de police dans laquelle il est décédé. Une enquête de l’IGPN a été ouverte, dont la directrice départementale de la sécurité de Savoie a déjà donné la conclusion, en affirmant le jour même des événements « qu’il n’y a pas eu de violences policières ».

Directement mis en cause, puisque le logement appartient au parc social de la ville, Michel Dantin, maire LR de Chambéry, ne regrette rien et revendique même l’expulsion, en expliquant « qu’il y a des règles, elle doivent être respectées ». Devant les militants du logement social, venus protester au conseil municipal du lundi 8 juillet contre l’expulsion, il est resté droit dans ses bottes, allant même jusqu’à rejeter la proposition de faire une minute de silence, à la mémoire de Lakdar Bey. Refusant tout dialogue, il a demandé à la police de faire évacuer le conseil municipal, ce qu’elle a fait avec une violence inédite à Chambéry, allant même jusqu’à utiliser des chiens. Une militante a été interpelée et placée en garde-à-vue, accusée de « violence volontaire sur agent de la force publique ».

Le NPA dénonce la violence de la municipalité, réclame la libération immédiate et l’arrêt des poursuites. Il demande que la ville reconnaisse sa responsabilité dans la mort de monsieur Lakhdar Bey et que sa famille soit relogée dignement et de façon pérenne. Il demande aussi que la municipalité prenne un arrêt contre les expulsions et fasse appliquer la loi sur la réquisition des logements vides, car il n’est pas acceptable de voir des familles dans la rue alors que plus de 2000 logements sont vacants dans l’agglomération chambérienne.