#JusticePourThéo : rassemblement samedi 18 février, 15h aux Eléphants

Le viol de Théo avec une matraque par un policier entouré de trois collègues, marque une escalade effrayante dans la toute-puissance policière. Alors qu’au même moment, le Sénat et l’Assemblée nationale viennent de renforcer encore les pouvoirs des flics, ce crime s’inscrit dans une montée en puissance des violences policières, encouragées par l’état d’urgence permanent et l’inflation de lois sécuritaires.

C’est d’abord la pratique de la discrimination quotidienne. Les contrôles d’identité sont 20 fois plus nombreux pour les jeunes noirs et arabes que pour le reste de la population, d’après Jacques Toubon, le Défenseur des droits. L’État français n’encadre ni la quantité – le récépissé promis n’a jamais été mis en place – ni les motifs et résultats de ces contrôles et encore moins leur mode opératoire. Ce harcèlement favorise tous les abus dans les quartiers populaires : tutoiement, injures, injonctions guerrières du type « tous contre le mur », palpations, coups de matraque dans les jambes pour mieux les écarter. Mais aussi brutalité gratuite envers les migrantEs et les SDF qui, non seulement sont chassés, mais la destruction de leurs vêtements, sacs et abris de fortune, est quasi systématique.

Les injures à caractère raciste et homophobe pourtant punies par la loi, sont légion. Parmi toutes, « Bamboula » que même le patron du syndicat Unité SGP Police-Force ouvrière, Luc Poignant, estime « à peu près convenable » et le juge Bergin « presque affectueux » (!) : le passé colonial français est toujours bien vivant au sommet de l’État et dans une partie de la société...

Le viol de Théo n’est ni un accident ni une bavure. Il s’inscrit dans la logique de gestes et injures à connotations sexuelles, dans la suite de plusieurs affaires similaires restées impunies. Il est une conséquence de l’hyper violence policière structurelle. L’IGPN tente de banaliser ce crime – « un accident regrettable » – soutenue en cela par le parquet : « il n’y a pas viol puisqu’il n’y a pas eu l’intention ».
Cela revient à changer la loi qui dit que le viol est une pénétration non consentie.

L’hyper violence policière s’appuie sur l’impunité dont les flics bénéficient ainsi que sur l’alourdissement de toutes les peines pour tous les autres. Ainsi à Aulnay-sous-Bois, le policier violeur est remis en liberté en attendant la requalification des faits... mais cinq jeunes, jugés en comparution immédiate, sont condamnés à des peines de prison pour « délit d’embuscade ». Utilisé pour la première fois, « ce délit permet la condamnation en l’absence de violences commises », dixit la procureure !

Et la dernière loi relative à la sécurité publique, adoptée en procédure rapide il y a quelques jours, satisfait la quasi-totalité des manifestations policières factieuses de l’automne. Elle assouplit les règles de légitime défense, ce qui revient à autoriser les tirs des policiers en supprimant l’obligation d’en rendre compte, elle leur permet de garder l’anonymat dans certains cas,et elle double les peines pour outrage. Elle autorise aussi l’armement des agents de sécurité. Enfin elle renforce les moyens pour le contrôle administratif des expulsions de migrantEs.

Nous ne devons compter que sur nous-mêmes pour les arrêter. À Aulnay, à Bobigny, à Paris et dans des dizaines de villes, des milliers de personnes se sont rassemblées pour dire leur émotion, leur colère, leur solidarité avec Théo, pour scander « pas de paix sans justice », « flic violeur en prison », « justice pour Théo, Adama et tous les autres ». A Chambéry, rassemblons-nous aussi samedi 18 février, à 15h, aux Eléphants.

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